A compter de ce mois de novembre 2026, les PNN publierons mensuellement sur ce site une fiche consacrée à une espèce marine fréquentant les côtes normandes. Ces fiches sont rédigées par Philippe Le Granché et illustrées de clichés réalisés lors des missions des PNN.


Appelé également mollet, cycloptère ou poule de mer, le corps de ce poisson est lourd, massif et globuleux. Les nageoires pelviennes sont modifiées en un puissant disque (ou ventouse) thoracique adhésif qui mesure près de 8 à 10 cm de diamètre. Ce poisson possède deux nageoires dorsales et une anale. La peau est épaisse pouvant atteindre plus d’un centimètre, sans écaille, parsemée de nombreux tubercules coniques osseux, certains alignés (les plus grands selon 4 rangées).
La coloration est variable en fonction de l’habitat : gris noirâtre, plus clair sur le ventre ; devenant rouge orangé chez les mâles, vert ou bleu chez les femelles au moment de la reproduction.
Sa taille varie entre 40 à 50 cm pour un poids de 2 à 3 kg, 60 cm au maximum pour un poids de 9,5 kg. Le mâle est plus petit que la femelle.
Le lompe se rencontre dans les eaux septentrionales des deux côtés de l’Atlantique. En mer Baltique, en mer du Nord, en Manche et sur les côtes nord-atlantiques jusqu’au golfe de Biscaye pour l’Europe où il se trouve au sud de son aire de répartition pour la reproduction. En Atlantique Nord-Ouest, il est présent de la baie d’Hudson et de l’île de Baffin au Nord-Est du Canada jusqu’à l’état du Maryland aux Etats-Unis.
Le lompe fréquente les zones rocheuses littorales jusqu’à 300 m de profondeur et plus. Ce n’est que pendant la reproduction (de la fin de l’hiver à la fin de l’été selon les régions) que cette espèce s’approche des côtes. Les observations faites sur nos côtes du Cotentin se signalent de janvier à avril.
Ce poisson est carnivore. Son alimentation est composée de mollusques, vers, méduses, échinodermes, crustacés et de quelques poissons (harengs, lançons).
La reproduction est sexuée. La ponte se déroule de février à avril dans les eaux européennes et de juin à juillet dans les eaux nord-américaines à faible profondeur. La femelle peut pondre jusqu’à 250 000 œufs d’environ 2,5 mm de diamètre. Ces œufs forment une masse collante qui se fixe au substrat.
C’est le mâle qui garde jalousement la ponte, pouvant, de ce fait, se laisser piéger par la marée basse et rester ainsi hors de l’eau, il continuera pendant ce temps à défendre sa ponte contre les prédateurs. Durant l’incubation, qui peut durer une quarantaine de jours, il enfonce fréquemment sa tête dans la masse des œufs pour en agrandir la superficie et faire passer, en ouvrant et fermant la bouche régulièrement, un courant d’eau pour les vivifier.
La femelle, après avoir déposé sa ponte, retourne immédiatement en eau profonde. Pendant les deux premières années de leur existence, les jeunes restent à proximité des côtes. Ensuite ils s’en éloigneront, pour revenir à l’âge de 5 ou 6 ans pour se reproduire eux aussi.
Cette espèce est souvent parasitée par de petits vers incrustés dans la peau ou par des copépodes, petits crustacés de 5 mm de longueur environ.
On estime la durée de vie du lompe à 14 ans.
Sa chair, flasque, gélatineuse et huileuse est peu consommée. C’est dans les pays nordiques qu’on la consomme plutôt, fraîche ou fumée, et c’est celle des mâles qui est généralement appréciée. On utilise le plus souvent le lompe comme nourriture pour les animaux domestiques (chiens, porcs) ou comme appât dans les casiers à crustacés.
Les œufs sont commercialisés sous le nom « d’œufs de lompe » (faux caviar). Ils sont alors le plus souvent colorés en noir ou en rouge vif, leur couleur naturelle étant plutôt rose-orangé.
Il est élevé également pour sa capacité de poisson « nettoyeur » dans le cadre de l’élevage de saumons.














